jeudi 4 décembre 2008

Madame Bâ, Erik Orsenna


Livre choisi totalement au hasard parmi ceux qu'on pouvait me prêter...

Madame Marguerite Bâ a grandi auprès d'un père quasi-ingénieur et d'une mère traditionniste, s'est mariée avec un beau Peul, est devenue institutrice puis inspectrice de l'Education Nationale malienne après avoir élevé 8 enfants et travaillé au co-développement.
Mais les enfants et les petits-enfants de Madame Bâ sont tous atteints de l'étrange "maladie de la boussole", cette maladie qu'elle ne comprend pas, qui les pousse à regarder, fascinés, la télévision française et à ne rêver que d'une chose : un visa et un aller simple pour Paris, ou plutôt Montreuil ou Villiers-le-Bel.

Mais le jour où son petit-fils Michel lui est enlevé pour aller jouer au football en France, Madame Bâ doit demander un visa pour aller chercher. En remplissant son formulaire, elle raconte alors sa vie, parce que les questions qui ne s'intéressent qu'à des morceaux ne peuvent pas reconstituer l'unité de la vie d'une femme africaine.

J'ai beaucoup aimé le début, l'enfance de Marguerite, et bien que ne connaissant pas du tout le Mali, j'ai trouvé qu'Erik Orsenna, qui y a passé un certain temps, rendait très bien compte de l'ambiance, des traditions et de liens familiaux. Pourtant, la lassitude est venue après environ 300 pages (le roman en édition poche en compte 500 en tout). Ce n'est malgré tout pas un mauvais roman, loin de là, et j'ai trouvé que la fin rattrapait un peu mes précédents impressions.
Le thème est intéressant et la construction originale : Madame Bâ nous raconte sa vie au fil des questions du formulaire de demande de visa. C'est un personnage très attachant, et on ne peut pas en dire autant des quelques autres, Français ou Maliens, car il y a la même proportion de pourris dans les deux camps...
J'ai en fait préféré la première partie qui se rapprochait un peu des contes, à la suite qui est beaucoup plus terre-à-terre, mais pas moins intéressante... Mais j'ai appris des choses et j'ai une vision je l'espère un peu plus juste de l'Afrique qui n'est pas si présente que ça dans la littérature française...

mercredi 19 novembre 2008

Wish you were here, Mike Gayle


Il me semble qu'aucune traduction française n'existe... Si je me trompe, corrigez-moi !

L'histoire : Charlie, la trentaine déjà un peu avancée, vient de se faire larguer par sa petite amie, Sarah, après 10 ans passés ensemble. Son meilleur ami, l'infatigable mais très fatigant Andy, lui propose de passer des vacances au soleil pour oublier Sarah et profiter de son nouveau statut de célibataire. A la grande surprise de Charlie, leur ami Tom, pourtant bien plus sage qu'Andy, les rejoint.
Les trois amis vont passer une semaine en Grèce, dans un club dédié aux 18-30 ans, catégorie à laquelle ils n'appartiennent plus depuis déjà quelques années...

Non, ne me dites pas "encore de la chick lit" puisqu'il s'agit de garçons !
Bon, pour être franche, je n'ai pas détesté cette lecture qui fait beaucoup de bien après une journée très éprouvante, mais je l'ai trouvée encore plus mièvre que la plupart des romans chick lit que j'ai déjà lus...

Pour ceux qui connaissent la série How I met your mother, Charlie, le héros, ressemble beaucoup à Ted de HIMYM... C'est-à-dire : pas antipathique, mais un peu lourd et relativement agaçant. Inutilement fleur bleue, ridiculement maniéré, franchement, au bout d'un moment, il m'a gonflée, je ne peux pas l'exprimer autrement... Le personnage de Tom m'a semblé vide, Andy, trop caricatural et pourquoi cette fin ???

Léger donc, mais trop léger. Je ne le proscris pas mais si vous avez mieux à lire, passez votre chemin...

vendredi 14 novembre 2008

Défi Blog-o-Trésors !

J'attendais la fin de l'année avec impatience... meuuuh non pas pour la pile de livres du pied du sapin (hum hum)... non, pas pour retrouver la bonne nourriture française (la bouffe anglaise c'est pas si horrible qu'on le dit... bon en fait si)....

Vous l'avez deviné chers amis (grâce à mon titre explicite il faut bien le dire, je vous ai un peu aidés!) : pour pouvoir participer à pleiiin de challenges !
Je suis en effet entrée un peu trop tard dans la blogosphère littéraire pour me frotter à ceux de 2008... 2009, me voici !

Première occasion de se contraindre : le Blog-o-trésors de grosminou !
D'ailleurs je ne sais pas si vous avez remarqué ou si la comparaison vous est déjà venue à l'esprit, mais nous sommes un peu l'OULIPO des bloggeurs... Nous aussi, comme Georges Perec, nous nous imposons des contraintes...
Oui, ok, c'est un peu plus dur d'écrire un livre sans la lettre "e" que de lire 4 livres parmi une liste énorme... Tout le monde ne peut pas être Georges !

Je m'égare, je m'égare, mais voici les règles : choisir 10 livres qu'on a adorés ou qui nous ont marqués. Grosminou va réunir les titres de chacun, et chaque participant devra en lire au moins 4 de la liste !
Simple, mais efficace.

Voici donc ma liste :
1. Quand l'empereur était un dieu, Julie Otsuka. Je l'avais lu en octobre, court, émouvant, ça me ferait très plaisir de le faire découvrir à encore plus de monde.

2. Germinal, Emile Zola. Je l'ai lu plus jeune, j'ai adoré.

3. La confusion des sentiments, Stefan Zweig. Une révélation. S'il fallait n'en choisir qu'un, ce serait peut-être celui-là.

4. La peste, Albert Camus. Parce qu'Albert, je t'aime !

5. Quand j'étais soldate, Valérie Zenatti. Parce qu'en Israël, le service militaire est obligatoire pour garçons ET filles, à 18 ans, pour deux années entières. Passionnant et émouvant. Publié en jeunesse mais je pense que l'intérêt dépasse le cercle des ados.

6. Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini. Je ne savais presque rien sur l'Afghanistan à part les clichés des talibans... Choquant, mais essentiel.

7. La ferme des animaux, George Orwell. Très facile à lire en VO aussi.

8. Ne le dis à personne, Harlan Coben. Fait rare : j'ai adoré le livre ET le film. Rien à voir avec le fait que ce soit Guillaume Canet qui l'ait réalisé bien sûr. Pour le roman : depuis que je l'ai lu, je trouve que tous les polars sont fades. C'est dire.

9. Ensemble c'est tout, Anna Gavalda. Long, mais se lit très facilement. Un peu de douceur pour les mois de grisaille...

10. Novecento : pianiste, Alessandro Baricco. Sublime.

Voici ma liste, je transmets le lien de ce billet à grosminou qui se charge du gros boulot... et j'attends début 2009 pour choisir 4 livres dans la liste énorme je l'espère !

J'en profite pour remercier Pascale grâce à qui j'ai découvert ce défi.

jeudi 6 novembre 2008

L'affaire Jane Eyre, Jasper Fforde


Me voilà donc enfin de retour...
Je vous explique la situation : j'étais en pleine lecture de What came before he shot her, d'Elizabeth George (Anatomie d'un crime en français). Il fait plus de 600 pages, comme souvent avec cette auteure, et je le lisais en VO, donc ça me prenait un peu plus de temps...
Je ne sais pas si certains d'entre vous ont testé, mais ce roman est très...noir. Je pensais avoir affaire à un roman policier, en fait pas tellement. Je ne vous en dis pas trop parce que j'en reparlerai sans doute prochainement, mais basically : Londres, la misère sociale, les adolescents délinquants, tout le malheur du monde réuni en un livre. Pourquoi pas, je ne m'attends pas à Bienvenue chez les Bisounours à chaque page, mais je vis à Londres, en plein automne, il fait nuit à quatre heures de l'après-midi et il pleut le dimanche soir, alors les romans trop déprimants... Peut-être plus tard !

Bref, après m'être bien étalée sur la raison pour laquelle j'ai fait une pause sur Elizabeth George, je vais vous parler de l'Affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde. J'en avais tellement entendu parler, comment y résister ? En plus la couverture (poche) est assez originale pour me donner envie...
Verdict : léger, amusant et plein d'action, avec des clins d'œil littéraires sympathoches. Est-ce bien la peine de vous résumer ?

Pour synthétiser :
Mr & Mrs Smith + Jane Eyre + Bridget Jones = l'Affaire Jane Eyre.

Le monde inventé par Fforde (qui à ma grande surprise s'avère être un homme, vous me direz, Jasper c'est pas franchement un nom de fille mais bon BREF j'ai pas fait attention au début) se révèle complètement fantaisiste, des brigades littéraires à l'oncle de l'héroïne et ses machines délirantes (l'écran de veille rétinien pour reposer ses yeux), j'ai beaucoup aimé ce nouvel univers.
Un peu comme des petites vacances au mois de novembre.

Un de ces jours, je compte bien retourner dans le monde de Thursday Next, détective intrépide au service de la littérature...
Je vais d'ailleurs de ce pas lire les commentaires de mes amis bloggeurs sur la suite de ses aventures... n'hésitez pas à me donner vos avis !

mardi 21 octobre 2008

Lettre à mon blog

Cher petit blog,

Pardon de ne pas te nourrir aussi fréquemment que je le voudrais ces derniers temps.
Mais 650 pages en anglais, assez déprimantes il faut le dire, ça ne se finit pas tout seul.
Ajoute à ça une obsession frisant la folie pour Grey's Anatomy, et un peu de boulot quand même, et c'est vrai que je n'ai pas été là depuis longtemps.

Mais promis, je ne t'oublie pas... Je rédige mentalement chaque jour ou presque des billets à propos de la lecture du moment !

A bientôt...

PS : cher blog, crois-tu que mes lecteurs me pardonneront ce billet ridiculement inutile ?

samedi 11 octobre 2008

Quand l'empereur était un dieu, Julie Otsuka


C'est un très joli mais pas très joyeux petit roman que je vous présente aujourd'hui...

Il raconte l'histoire d'une famille américaine, jamais nommée, d'origine japonaise pendant la deuxième guerre mondiale. On pourrait croire qu'une fois qu'on a obtenu la nationalité américaine, on est un citoyen à part entière, avec les mêmes droits et les devoirs que les autres. Seulement voilà, en temps de guerre, avoir des origines japonaises, vouloir maintenir des liens avec les grands-parents restés au pays ou tout simplement pratiquer sa religion, peut suffire pour être soupçonné d'être un traître à la nation.

C'est ce qui est arrivé non pas à une infime minorité mais à plus de 100 000 personnes à cette époque.

Le style -je parle ici seulement du style, car le thème bien que s'en rapprochant n'est pas le même- m'a fait penser à Être sans destin, d'Imre Kertész, écrivain hongrois, parce que comme Julie Otsuka, les faits sont décrits simplement, sans vraiment de signes extérieurs d'émotion chez les personnages, alors que le pire est commis. Le traumatisme est profond, mais silencieux. Le sentiment d'être arraché à son chez-soi est vraiment très bien décrit, mais décrit n'est pas le mot parce qu'il n'est justement pas exprimé tel quel...

Les enfants apprennent à grandir seuls, parce que les parents sont parfois trop perdus eux-mêmes pour s'en occuper. Tous survivent, alors qu'on leur enlève leurs propriétés, leur travail, leur famille parfois, leur droit de choisir. Finalement beaucoup de ce qui nous rend humains.

Mais Julie Otsuka décrit aussi le retour chez soi, après les longues années passées dans les camps. Et tout ne se résout pas du jour au lendemain, les blessures restent mais il faut réapprendre à vivre avec les siens, devenus étrangers parfois, mais aussi avec les autres, ceux qui n'ont pas connu l'internement, ceux qui refusaient les Japonais dans leurs magasins, ceux qui n'ont rien fait quand la police sont venus chercher certains familles pour les emmener.

Les familles ne se sont pas révoltées, parce qu'elles voulaient prouver au gouvernement américain qu'elles n'étaient pas espionnes au service du Japon. Après la guerre, aucune voix ne s'est fait entendre, parce que tous avaient honte d'avoir connu l'enfermement.

Autant pour cette délicate écriture que pour en savoir plus sur des événements très rarement évoqués, je vous conseille définitivement Quand l'empereur était un dieu, de Julie Otsuka.

mercredi 8 octobre 2008

Chasing Harry Winston, Lauren Weisberger


Après Tokyo j'avais besoin d'un peu de légèreté, donc avant de commencer le prochain roman dont je vous parlerai qui n'est pas super rigolo, j'ai préféré Chasing Harry Winston de Lauren Weisberger. Notez que je l'ai lu en VO, la VF sort en novembre il me semble sous un titre plus que ridicule (Sexe, diamants et plus si affinités...), qui m'aurait dissuadé de le lire.

Un peu de chick lit, c'est recommandé pour tous ceux/celles surtout, qui se prennent trop au sérieux... Et puis de la bonne chick lit, c'est quand même très agréable, mais il y en a peu. Aucun n'arrivera jamais à la cheville de Bridget Jones, mais bon...

Si je devais vous le résumer en une phrase, Chasing Harry Winston est une coupe de champagne. Vraiment, c'est ça. Pétillant, léger, qui tourne un peu la tête si on le boit trop vite. Une critique est citée sur la 4ème de couv : "Sooooo Sex and the City", je pense que ça le caractérise vraiment aussi, donc si vous détestez la série (le film, il était nul, on est tous d'accord. Et on est tous d'accord pour dire qu'on ira tous voir la suite quand même), laissez tomber tout de suite !

En gros, comme celles de Sex and the City, les trois héroïnes sont des New-Yorkaises plutôt aisées, qui ont divers problèmes d'ordre sentimental, mais ce qui pétille dans ce livre ce sont quelques répliques bien lancées, les traits de caractères affligeants des trois filles qui nous ressemblent tellement, des petites choses qui brillent comme ça.

Non ce n'est pas et ça ne sera jamais un grand roman, mais ça reste je pense bien au-dessus de la moyenne des romans du genre, et même si certains passages agacent un peu par leur côté "Américaines trentenaires à ovules hystériques", c'est ça qui est drôle aussi, et l'auteur s'en sort bien par quelques passages qui saccagent un peu le politiquement correct. J'aurais apprécié une fin un peu plus punchy quand même !

Bref, pas une urgence mais si l'occasion se présente, pas de quoi la bouder.