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dimanche 5 septembre 2010

Comme neige au soleil, William Boyd


Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Félix Cobb vient d'être accepté à Oxford. La vie d'étudiant qui lui paraissait si excitante devient simplement très ennuyeuse, puisque la ville s'est vidée de tous ses habitants masculins, partis combattre.

Son frère Gabriel, en pleine lune de miel (pas si idyllique qu'il n'y paraît), est appelé au front.

Lorsque les troupes allemandes réquisitionnent sa ferme, l'Américain Temple Smith décide de s'engager aux côtés de l'armée britannique pour tenter de récupérer sa propriété.

Parce que certaines personnes se soucient de mon instruction littéraire et me mettent de bons livres entre les mains :)... j'ai découvert ce roman au ton plutôt décalé, qui, malgré le résumé que je viens de vous faire, est plutôt une comédie grinçante.

Je pense qu'un roman humoristique est beaucoup plus difficile à écrire qu'un drame ; j'admire d'autant plus William Boyd qu'il parvient à nous faire rire à partir de situations totalement pathétiques. Il décrit des destins personnels aussi absurdes que la guerre... pas un personnage n'a l'étoffe d'un héros : ni le beau capitaine Gabriel Cobb, préparé à tout sauf à diriger une troupe d'indiens en Afrique, ni son jeune frère Félix, pseudo-romantique qui n'a pas tout à fait terminé sa crise d'adolescence. Sans parler de l'officier britannique qui a le don de provoquer des accidents mortels complètement absurdes partout où il passe... Au risque de choquer les puristes, amateurs de Boyd, je lui ai trouvé un petit côté Tarantino (oui, bon, chronologiquement, Comme neige au soleil a été publié bien avant la sortie d'Inglorious Basterds): un sujet sérieux, des personnes un peu ridicules, et de temps en temps, une scène comique horriblement trash (têtes coupées...) !

L'ironie de Boyd m'a beaucoup plu, et j'espère retrouver ce ton très particulier dans ses autres romans...

mercredi 25 novembre 2009

American Darling, Russell Banks


Hannah Musgrave, 59 ans, décide de retourner en Afrique. Elle a vécu plus de dix ans au Liberia, avant d'abandonner sa maison de Monrovia pendant la guerre civile pour revenir aux Etats-Unis. Elle a choisi de revenir dans son pays, qu'elle avait pourtant fui en tant que clandestine, après avoir organisé des attentats au sein d'organisations d'extrême-gauche.

Un jour, Hannah décide qu'elle doit y retourner. Poussée par un besoin qu'elle a du mal à comprendre elle-même, elle refait le chemin inverse, pour dire au revoir aux chimpanzés dont elle s'était longtemps occupée là-bas, et savoir ce qu'il est arrivé à ses fils... laissés au Liberia alors qu'ils avaient à peine 13 et 14 ans.

Elle revient sur ses années passées en Afrique, dans un milieu très privilégié. Elle s'est très peu intégrée dans la société libérienne, malgré son mariage avec un ministre autochtone. Elle a vécu la guerre civile de loin ; elle n'a pas vécu les combats des rues, les meurtres, viols et tortures commis par les soldats de tous les camps, même pas comme spectatrice, alors qu'ils avaient lieu à quelques rues seulement de chez elle.

Le personnage de Hannah est très fort, même s'il m'est totalement impossible de m'identifier à elle. Elle a la capacité incroyable de pouvoir entrer dans une nouvelle vie, un nouveau pays en quelques jours ; elle peut aussi abandonner les gens qui l'aiment presque sans aucun regret. Hannah est quelqu'un de froid, peu sensible aux réactions de son entourage, même si elle n'est pas totalement antipathique... Et parfois, la carapace se fissure un peu, et on comprend que quelques choses ont tout de même compté pour elle, comme le regard de son père, parfois.

Un beau roman, un peu rugueux, un peu triste aussi.

jeudi 4 décembre 2008

Madame Bâ, Erik Orsenna


Livre choisi totalement au hasard parmi ceux qu'on pouvait me prêter...

Madame Marguerite Bâ a grandi auprès d'un père quasi-ingénieur et d'une mère traditionniste, s'est mariée avec un beau Peul, est devenue institutrice puis inspectrice de l'Education Nationale malienne après avoir élevé 8 enfants et travaillé au co-développement.
Mais les enfants et les petits-enfants de Madame Bâ sont tous atteints de l'étrange "maladie de la boussole", cette maladie qu'elle ne comprend pas, qui les pousse à regarder, fascinés, la télévision française et à ne rêver que d'une chose : un visa et un aller simple pour Paris, ou plutôt Montreuil ou Villiers-le-Bel.

Mais le jour où son petit-fils Michel lui est enlevé pour aller jouer au football en France, Madame Bâ doit demander un visa pour aller chercher. En remplissant son formulaire, elle raconte alors sa vie, parce que les questions qui ne s'intéressent qu'à des morceaux ne peuvent pas reconstituer l'unité de la vie d'une femme africaine.

J'ai beaucoup aimé le début, l'enfance de Marguerite, et bien que ne connaissant pas du tout le Mali, j'ai trouvé qu'Erik Orsenna, qui y a passé un certain temps, rendait très bien compte de l'ambiance, des traditions et de liens familiaux. Pourtant, la lassitude est venue après environ 300 pages (le roman en édition poche en compte 500 en tout). Ce n'est malgré tout pas un mauvais roman, loin de là, et j'ai trouvé que la fin rattrapait un peu mes précédents impressions.
Le thème est intéressant et la construction originale : Madame Bâ nous raconte sa vie au fil des questions du formulaire de demande de visa. C'est un personnage très attachant, et on ne peut pas en dire autant des quelques autres, Français ou Maliens, car il y a la même proportion de pourris dans les deux camps...
J'ai en fait préféré la première partie qui se rapprochait un peu des contes, à la suite qui est beaucoup plus terre-à-terre, mais pas moins intéressante... Mais j'ai appris des choses et j'ai une vision je l'espère un peu plus juste de l'Afrique qui n'est pas si présente que ça dans la littérature française...