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jeudi 29 juillet 2010

Les âmes soeurs, Valérie Zenatti

Emmanuelle a décidé de prendre sa journée, sans rien dire à personne. S'évader des contraintes quelques heures, ne plus penser à mari, enfants, boulot... et finir son livre. Une journée ensoleillée dans Paris, seule, mais accompagnée d'un livre !


On suit ce roman avec elle, l'histoire de cette photographe de guerre à la peau dure, de son histoire d'amour finie trop tôt.


C'est peut-être un peu facile, mais c'est exactement dans les mêmes conditions qu'Emmanuelle qu'il faudrait lire ce roman : dans un bus, qui va un peu n'importe où, finalement la destination importe peu, finir sa lecture à la terrasse d'un café. Profiter de la jolie plume de Valérie Zenatti, malgré ce récit qui ne restera pas dans les annales, et savourer la petite pirouette finale.


J'ai passé un bon moment, mais j'attendais sans doute trop de l'auteure pour ne pas être déçue par cette lecture que j'oublierai très vite. Il m'a manqué l'émotion, la vraie, celle qu'elle avait su si bien offrir dans Quand j'étais soldate, un roman jeunesse qui se passe en Israël et que j'aimerais conseiller à... environ la terre entière !

mercredi 25 novembre 2009

American Darling, Russell Banks


Hannah Musgrave, 59 ans, décide de retourner en Afrique. Elle a vécu plus de dix ans au Liberia, avant d'abandonner sa maison de Monrovia pendant la guerre civile pour revenir aux Etats-Unis. Elle a choisi de revenir dans son pays, qu'elle avait pourtant fui en tant que clandestine, après avoir organisé des attentats au sein d'organisations d'extrême-gauche.

Un jour, Hannah décide qu'elle doit y retourner. Poussée par un besoin qu'elle a du mal à comprendre elle-même, elle refait le chemin inverse, pour dire au revoir aux chimpanzés dont elle s'était longtemps occupée là-bas, et savoir ce qu'il est arrivé à ses fils... laissés au Liberia alors qu'ils avaient à peine 13 et 14 ans.

Elle revient sur ses années passées en Afrique, dans un milieu très privilégié. Elle s'est très peu intégrée dans la société libérienne, malgré son mariage avec un ministre autochtone. Elle a vécu la guerre civile de loin ; elle n'a pas vécu les combats des rues, les meurtres, viols et tortures commis par les soldats de tous les camps, même pas comme spectatrice, alors qu'ils avaient lieu à quelques rues seulement de chez elle.

Le personnage de Hannah est très fort, même s'il m'est totalement impossible de m'identifier à elle. Elle a la capacité incroyable de pouvoir entrer dans une nouvelle vie, un nouveau pays en quelques jours ; elle peut aussi abandonner les gens qui l'aiment presque sans aucun regret. Hannah est quelqu'un de froid, peu sensible aux réactions de son entourage, même si elle n'est pas totalement antipathique... Et parfois, la carapace se fissure un peu, et on comprend que quelques choses ont tout de même compté pour elle, comme le regard de son père, parfois.

Un beau roman, un peu rugueux, un peu triste aussi.