vendredi 10 avril 2009

L'Etrangleur de Cater Street, Anne Perry


Je voulais depuis longtemps essayer un roman de la collection Grands Détectives de 10/18, voilà qui est fait !

Londres, 1881. Jeunes filles de bonne famille, les trois soeurs Sarah, Charlotte et Emily, sont horrifiées d'apprendre les meurtres successifs de plusieurs femmes du voisinage, à deux pas de chez elles.

Alors que le policier en charge de l'enquête, l'inspecteur Pitt, exaspère les uns et les autres en posant des questions dérangeantes, Charlotte sort peu à peu des carcans de son éducation en évoquant des sujets peu convenables pour une jeune fille de son milieu.

J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre l'intrigue, qui est pleine de rebondissements, mais qui s'attarde aussi sur le point de vue de plusieurs personnages. La description de la bonne société victorienne est plutôt amusante, ainsi que les pétages de plombs familiaux qui révèlent des fêlures insoupçonnées chez chacun.

L'inspecteur Pitt a beaucoup de charme ! Et on le retrouve par la suite dans une vingtaine d'autres romans puisque l'Etrangleur de Cater Street n'est que le premier de la série (ce dont je me réjouis).

Petite anecdote: en consultant la page Wikipedia d'Anne Perry, j'ai appris qu'elle avait dans son adolescence, avec l'aide de sa meilleure amie, assassiné la mère de cette dernière. Le film Créatures Célestes a été tiré de cette histoire vraie. Plutôt étrange qu'une meurtrière écrive des romans policiers, non ? En y réfléchissant, le dénouement du roman est compréhensible si on compare avec l'histoire de l'auteur... Je n'en dis pas plus!

mardi 7 avril 2009

L'Attentat, Yasmina Khadra


Amine, médecin israélien d'origine arabe dans un hôpital de Tel-Aviv, vit avec sa femme Sihem dans une belle villa, et a de nombreux amis.

Un attentat se produit dans un restaurant de la ville. En arrivant à l'hôpital, Amine découvre avec horreur que sa femme fait partie des victimes, mais est également suspectée d'être le kamikaze. Amine, bouleversé, part alors à la recherche des causes qui ont poussé sa femme à commettre le pire.

Yasmina Khadra nous plonge dans l'absurdité d'un tel geste, incompréhensible au premier abord... Mais à mesure qu'Amine poursuit ses recherches, de nombreuses questions se posent, qu'il écarte d'un geste de la main, aveuglé qu'il est par la douleur de la perte et la colère : Amine recherche les coupables en retournant à Jérusalem, Béthléem, là où vit sa famille. Le simple fait d'être Arabe aurait-il dû l'empêcher de s'intégrer dans la société israélienne ? Ne trahit-il pas les siens en s'installant dans une vie confortable à Tel-Aviv ? Mais ceux qui décident de tuer, en prenant pour prétexte de défendre leur peuple, ont-il vraiment conscience de leurs actes ou sont-il simplement aveuglément guidés par des gourous sans pitié se servant de la religion pour justifier leur autorité arbitraire ?

Un thème complexe et fort, une noirceur accentuée par la chaleur étouffante du désert de Judée qu'on ressent en lisant ce très bon roman.

Ni d'Eve ni d'Adam, Amélie Nothomb


Me voici de retour après de petites vacances en France, pendant lesquelles j'ai eu l'occasion de lire un peu, en tout cas beaucoup plus que la moyenne de ces dernières semaines.

Le premier a été un vrai coup de cœur.

Pour remettre en contexte, j'ai presque tout lu de Nothomb, j'en ai adoré certains, comme Stupeurs et Tremblements ou Les Catilinaires. Les autres, je ne les ai pas détestés mais je trouve qu'ils s'oublient presque aussi vite qu'ils se lisent souvent... Pourtant, je continue à lire tout ce que je trouve d'elle. En revanche, je n'achète rien : 18€ pour à peine une heure de lecture, je trouve ça exagéré.

Ni d'Eve ni d'Adam ne plaît peut-être pas aux fans de Nothomb, parce que le thème qu'il aborde est un peu moins froid, moins original que les autres : la narratrice de ce roman très largement autobiographique nous raconte son histoire avec Rinri, un jeune Japonais rencontré lors de cours de français qu'elle donne à Tokyo.

De ce couple belgo-japonais naissent bien sûr beaucoup d'incompréhensions, de malentendus, beaucoup de découvertes. J'ai souvent souri, et parfois vraiment éclaté de rire: certains passages ont vraiment trouvé des échos dans ma (très petite) expérience de la culture japonaise, et le personnage de Rinri est adorable, à sa manière. Ne vous attendez pas à un Edward Cullen, non, rien de ça, mais il a un petit truc qui fait qu'on a envie de le prendre dans ses bras (j'espère que je n'ai pas l'air trop niaise là ?). Et, chose assez rare chez moi, j'ai presque eu les larmes aux yeux en refermant ce livre, ce qui est encore plus significatif que de pleurer à chaudes larmes je trouve : toute l'émotion reste à l'intérieur.

Je sais que tout le monde n'apprécie pas Nothomb, mais ce roman m'a définitivement convaincue que malgré quelques romans décevants, je l'aime ! Et il a aussi contribué à une image plus réelle (mais un auteur est-il vraiment honnête dans un roman autobiographique? Rousseau, le pacte autobiographique, le bac français, tout ça ;) )de la romancière, qui perd peut-être un peu en mystère mais gagne en humanité.

lundi 23 mars 2009

Coraline, Neil Gaiman



Je m'étais promise de continuer à lire Gaiman après le super The Graveyard Book. Alors quand je suis tombée sur Coraline chez un bouquiniste de South Kensington, je n'ai même pas réfléchi avant de me l'emparer, et ceci n'a bien sûr RIEN A VOIR avec le fait que je porte presque le même prénom !

Il s'agit d'un livre jeunesse, s'adressant peut-être à un public plus jeune que celui de The Graveyard Book.

Coraline, en explorant sa nouvelle maison, ouvre une porte et se retrouve dans un monde très similaire au sien, à ceci près que ses "parents", de ce côté du mur, ont des yeux en forme de boutons et que les chats parlent... Petit à petit, cet autre univers se révèle être un vrai cauchemar.

J'ai beaucoup aimé le monde fantastique et un peu effrayant créé par Gaiman, je n'ai pas du tout été déçue. Il fait partie des rares auteurs qui parviennent à me faire entrer dans un monde imaginaire totalement original... et je sais que, rien que pour ça, je lirai probablement un jour tous ses romans !

En revanche, pour le côté "peur", je n'ai pas vraiment été "nearly frightened to death", comme Lemony Snicket l'écrit - en tout cas sur la couverture de Coraline. Trop vieille peut-être ? Je pensais avoir un peu plus peur que ça.

Mais le roman m'a permis de découvrir encore un peu plus l'univers de Gaiman que je trouve riche, et assez fascinant.


Pour la petite histoire, une adaptation au ciné est prévue, avec Dakota Fannings (la petite fille de la Guerre des Mondes, mais qui jouera aussi... Jane dans New Moon!) dans le rôle de Coraline, et Teri Hatcher (aka Susan Mayer dans Desperate Housewives) dans le rôle de sa mère.

dimanche 15 mars 2009

20 fragments of a ravenous youth, Xiaolu Guo



VF : Vingt fragments d'une jeunesse vorace

Découvert par hasard dans une librairie londonienne, je l'ai choisi parce que nombre d'entre vous avaient lu Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants, et qu'il s'agit du même auteur que j'avais envie de découvrir.

Dans celui-ci, Fenfang part de sa province chinoise pour devenir actrice à Beijing. Elle y décroche surtout des rôles de figurante, mais continue à y vivre au gré de ses changements d'appartement et des rencontres au hasard.

Roman court, facile à lire, il a été à l'origine écrit en chinois (contrairement au Petit dictionnaire...) puis traduit en anglais.

J'ai été émue par ce livre, qui en effet exprime l'envie de la jeune génération de tout avoir, mais une certaine mélancolie transparaît dans ses propos. Difficile de l'expliquer dans les détails, mais l'économie de moyens m'a d'autant plus touchée.
Si on voulait jouer au jeu des comparaisons, comme il m'arrive souvent, je ne peux pas m'empêcher de penser à l'Attrape-cœurs, pour la question qui reste bien sûr non dite, celle de la recherche du sens de sa propre existence.

J'en ai aussi appris un peu plus sur le mode de vie à Beijing. Un peu seulement, car je pense qu'il s'agit d'une ville tellement riche en histoire et en traditions qu'on ne peut pas tout apprendre d'un livre. La ville est tellement grande que Fenfang y est un peu perdue, et surtout très seule.

Un petit coup de cœur, si quelqu'un est intéressé, je peux le faire circuler ! (notez qu'il est en anglais)

dimanche 8 mars 2009

Life of Pi, Yann Martel




VF: Histoire de Pi

Piscine Molitor Patel, alias Pi, 16 ans, Indien, part pour s'installer au Canada avec son frère, sa mère et son père, directeur de zoo à Pondichéry.
En chemin, le bateau coule. Pi se retrouve alors le seul naufragé, sur un bateau de sauvetage, avec pour seuls compagnons une hyène, une femelle orang-outang, un zèbre à la patte cassée et un tigre du Bengale.

Ce roman raconte l'histoire du combat de chaque instant de Pi, qui lutte pour survivre. Malgré sa situation plus que désespérée - et désespérante, certains passages sont franchement amusants. J'ai lu plusieurs fois sur internet qu'il s'agit d'un livre qui parle de croyance, et j'ai eu du mal à comprendre pourquoi avant de lire la fin.

Disons, sans entrer dans les détails pour ne rien gâcher, que la fin remet tout en question. Ou plutôt, remet peut-être tout en question. (là je sens que vous êtes bien avancés!). En effet, je peux entr'apercevoir les raisons pour lesquelles ce roman traiterait de croyance, mais alors il s'agirait selon moi bien de croyance au sens large, et non simplement de foi.

J'ajouterai, de manière plus terre-à-terre, que j'ai parfois pensé à un genre de Robinson Crusoe et Manuel des Castors juniors à la fois...

J'ai commencé Life of Pi un peu au hasard, sans savoir vraiment de quoi ça parlait, et c'est tant mieux car malgré toutes les éloges qu'on lui porte, je ne l'aurais peut-être pas commencé. J'ai vraiment aimé, et après petite réflexion, j'ai trouvé certains passages terrifiants (la fin notamment...), mais appelant à une certaine réflexion. Je vous le conseille donc, parce que même si j'ai eu du mal à rentrer dedans (je me demandais un peu où le narrateur voulait en venir), l'originalité du ton et de l'histoire en valent la peine.

dimanche 1 mars 2009

New Moon, Stephenie Meyer


J'aurais résisté environ... mmm... disons 10 jours, à peine, avant de commencer le deuxième tome des aventures de Bella et d'Edward, New Moon.

L'écriture n'a pas changé, rien de transcendant, mais ce n'est pas pour y trouver un style hors du commun qu'on vient chercher Twilight.

Ce volume m'a plus convaincue que le premier, car même la magie du début a disparu, le plaisir de retrouver les personnages est bien là, notamment Jacob, que j'aime beaucoup. Et j'ai trouvé ce tome beaucoup plus vivant, avec plus de rebondissements et de semi-surprises dans la narration que le précédent. Je dis "semi-surprises" parce qu'il y a quand même plusieurs fois où Bella est un peu lente à comprendre ce qu'on a deviné depuis plusieurs pages... Les signaux envoyés par Stephenie Meyer ne sont d'ailleurs pas forcément des plus subtils!

Et maintenant, que ceux/celles qui ne l'ont pas lu (même si je dois faire partie des dernières) se bouchent les oreilles et ferment les yeux,
PETIT PASSAGE SPOILER:

L'absence d'Edward pendant une grande partie du roman permet de connaître un peu mieux Jacob, je trouve, et de développer la relation entre Bella et lui. J'ai trouvé Edward un peu agaçant après son retour un peu "facile"... Pauvre petit Jake !

FIN DU SPOILER

Je dis donc oui, et ne pourrai de toute façon pas m'empêcher de lire la suite avec avidité. On a clairement envie de connaître la suite. Cependant, je me permets un petit bémol: l'univers créé par Stephenie Meyer, bien qu'entraînant, manque un peu de richesse. Je pense notamment à J.K. Rowling qui avait su créé un monde très riche autour d'Harry Potter, tellement riche d'ailleurs qu'elle pourrait facilement écrire d'autres romans à partir de celui-ci.

A suivre donc prochainement, Eclipse...