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dimanche 5 septembre 2010

Comme neige au soleil, William Boyd


Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Félix Cobb vient d'être accepté à Oxford. La vie d'étudiant qui lui paraissait si excitante devient simplement très ennuyeuse, puisque la ville s'est vidée de tous ses habitants masculins, partis combattre.

Son frère Gabriel, en pleine lune de miel (pas si idyllique qu'il n'y paraît), est appelé au front.

Lorsque les troupes allemandes réquisitionnent sa ferme, l'Américain Temple Smith décide de s'engager aux côtés de l'armée britannique pour tenter de récupérer sa propriété.

Parce que certaines personnes se soucient de mon instruction littéraire et me mettent de bons livres entre les mains :)... j'ai découvert ce roman au ton plutôt décalé, qui, malgré le résumé que je viens de vous faire, est plutôt une comédie grinçante.

Je pense qu'un roman humoristique est beaucoup plus difficile à écrire qu'un drame ; j'admire d'autant plus William Boyd qu'il parvient à nous faire rire à partir de situations totalement pathétiques. Il décrit des destins personnels aussi absurdes que la guerre... pas un personnage n'a l'étoffe d'un héros : ni le beau capitaine Gabriel Cobb, préparé à tout sauf à diriger une troupe d'indiens en Afrique, ni son jeune frère Félix, pseudo-romantique qui n'a pas tout à fait terminé sa crise d'adolescence. Sans parler de l'officier britannique qui a le don de provoquer des accidents mortels complètement absurdes partout où il passe... Au risque de choquer les puristes, amateurs de Boyd, je lui ai trouvé un petit côté Tarantino (oui, bon, chronologiquement, Comme neige au soleil a été publié bien avant la sortie d'Inglorious Basterds): un sujet sérieux, des personnes un peu ridicules, et de temps en temps, une scène comique horriblement trash (têtes coupées...) !

L'ironie de Boyd m'a beaucoup plu, et j'espère retrouver ce ton très particulier dans ses autres romans...

samedi 13 mars 2010

Le puits des histoires perdues, Jasper Fforde


On avait laissé Thursday Next enceinte d'un mari éradiqué de la mémoire de tous (sauf la sienne). Recherchée par tous, elle décide de se planquer, le temps d'un congé maternité, dans le Puits des histoires perdues, et plus précisément dans un polar quelconque, tellement médiocre que personne ne viendra jamais l'y trouver. Dans le cadre du "Programme d'Echange de Personnages", elle remplace l'adjointe d'un inspecteur de police local, bien contente d'échapper à son destin pour quelques mois...

En parallèle, toujours stagiaire à la JurisFiction, la police des livres, Thursday assiste Ms Havisham dans diverses tâches (et l'empêche de faire des courses de vitesse en voiture, car la vieille dame a toujours le goût du risque).

Ce tome n'échappe pas à la règle, absolument tout est génialement farfelu (parfois tellement qu'on a du mal à tout suivre). C'est d'ailleurs quelque chose qui m'étonne à chaque fois : Jasper Fforde réussit, tout en respectant les codes d'un certain genre existant (une femme détective, qui résout plusieurs énigmes, mais aussi le récit de guerre, lorsque Thursday se souvient de la guerre de Crimée), à inventer un style complètement nouveau ! La lecture est parsemée de jeux de mots croustillants, même si j'imagine qu'on en perd une bonne partie en français... Pourtant, je n'ai pas encore sauté le pas pour la VO : j'ai peur de ne pas tout comprendre des mots inventés par l'auteur...

En fait, je crois bien que ce que je préfère dans cette série, ce n'est pas tant l'histoire principale que les petits détails foufous. Par exemple, les inventions incroyables à propos de la création des livres : les vendeurs à la sauvette qui tentent de refourguer des rebondissements éculés aux narrateurs en mal d'inspiration, ou les personnages "génériques", colocataires improvisés de Thursday. Il s'agit de tout nouveaux personnages, qui n'ont pas encore de caractéristiques propres car ils viennent d'être créés ; au fil de leur formation (car ils vont à l'école des personnages), ils acquièrent un caractère, et, s'ils ont du talent, parviendront peut-être à décrocher le rôle principal d'un roman ! Mais, comme tout être humain qui cherche à trouver qui il est, les Génériques passent par une phase d'adolescence assez difficile à gérer...

Mieux vaut l'avouer, cependant : la trame "principale" avance peu dans ce troisième volet. Moi qui attendait la suite, ma frustration ne s'est pas calmée !!!

En bref, une lecture très riche, parfois c'en était épuisant d'essayer de tout comprendre !
(et les 460 et quelques petites pages, c'était ambitieux pour le Read-a-Thon)

dimanche 1 novembre 2009

Le ratichon baigneur, Boris Vian


Pour ma première participation au Blogoclub de lecture, dont le thème était cette fois-ci une lecture libre autour de Boris Vian, j'ai choisi Le ratichon baigneur, recueil de nouvelles écrites entre 1946 et 1950 : j'avais déjà lu L'écume des jours et je souhaitais découvrir autre chose de l'auteur.

En ce qui me concerne, j'aime le format de la nouvelle, mais j'en lis très rarement, car je trouve qu'elles sont rarement excellente, et quand une nouvelle n'est pas excellente, elle est complètement ratée. Et je n'ai absolument pas été déçue car dear Boris est très, très doué : chacune est drôle, sans aucun mot superflu. Very germanopratin !

Les thèmes sont farfelues et les péripéties absurdes, les personnages un peu fous mais qu'importe, c'est toujours distrayant et plein d'esprit ! Pourquoi faut-il toujours emmener sa fiancée à la piscine ? Pourquoi le mois d'avril ?

En espérant que mes camarades du blogoclub auront autant apprécié leur lecture que moi !

Edit : merci à Lisa et Sylire d'organiser tout ça ! Chez elles vous trouverez toutes les chroniques de ce mois-ci... on dirait bien que je suis la seule à avoir choisi ce recueil de nouvelles !