vendredi 18 septembre 2009

Rêves de garçons, Laura Kasischke


Par un moment d'ennui dans leur colo de cheerleaders, trois ados de dix-sept ans vont faire un tour en voiture. Kristy emmène dans sa Mustang sa meilleure amie Desiree, qui a toujours été plus délurée, et sa voisine de chambre Kristi, une rousse un peu geignarde.

En chemin, elles croisent une voiture de garçons du même âge et leur sourient...

Très très très bon roman que celui-ci, et je me dois dans le futur de suivre Laura Kasischke ! Je me plaignais récemment des louanges et des comparaisons douteuses affichées en couverture sur de plus en plus de romans, mais certaines remarques sont tout de même judicieuses... Comme ici : "Que Joyce Carol Oates se rassure, sa descendance est assurée !". C'est exactement ça, c'est aussi bon que Joyce Carol Oates. C'est cruel, ça commence comme une histoire banale et ensoleillée en Amérique, et ça laisse un goût amer dans la bouche. C'est à la fois très poétique et complètement écœurant.

J'avais repéré ce roman chez Yspaddaden, mais Lily et Praline en ont parlé, et tout le monde est sous le charme !

vendredi 11 septembre 2009

I am Charlotte Simmons, Tom Wolfe


Titre VF : Moi, Charlotte Simmons


Quand Charlotte Simmons débarque des montagnes de Caroline du Nord pour entrer à Dupont, prestigieuse université, elle tombe de haut : ici, elle n’est plus le petit génie du lycée, qui a fait la fierté de ses parents et de ses professeurs. Elle n’est qu’une boursière, autant dire personne pour tous ceux qui viennent de « boarding schools » et qui connaissent déjà tous les codes.
Elle s’attendait à une stimulation intellectuelle intense, elle va y trouver des étudiants plus intéressés par le sexe, les fêtes, l’alcool, que par la neurobiologie, des « frat boys » et des « sorority girls » et des athlètes entrés uniquement pour leur performance sportive malgré des résultats scolaires médiocres.

Le résumé de ce livre fait penser aux innombrables séries américaines qui se passent sur des campus : il raconte l’ascension d’une fille naïve vers les hautes sphères de la coolitude. Mais Tom Wolfe, qui n’aime pas faire les choses à moitié, a passé plusieurs mois en immersion totale dans des facs américaines pour se documenter sur le sujet. De là ressort une exactitude incroyable, jusque dans les plus infimes détails. Il ne nous épargne pas les détails sordides, le récit n’a rien de niais, mais nous offre aussi des perspectives différentes de celles des fils et filles de riches familles new-yorkaises qui se font des lignes de coke pendant les soirées étudiantes… Pas tout à fait Bret Easton Ellis donc, c’est un peu plus frais, moins malsain.

Charlotte Simmons est supérieure aux autres parce qu’elle vient d’ailleurs, elle comprend petit à petit les règles de ce nouveau monde, après le choc culturel, mais réussit aussi à prendre de la distance, contrairement à tous ces jeunes qui se croient sarcastiques alors qu’ils ne parviennent pas à bousculer la hiérarchie interne de l’université.

Un bon roman pour résumer, malgré un petit bémol de ma part : la longueur ! Mon édition comprend 675 pages avec une police de caractères minuscules… un peu difficile.

Et la couverture que je vous ai mise en illustration est bien plus belle que celle de mon édition (hideuse)... alors je me suis permis de tricher un peu :)

jeudi 3 septembre 2009

Un sur deux, Steve Mosby


Pour son premier jour dans la police aux côtés de l'inspecteur Mercer, Mark ne va pas chômer : dès son arrivée, il est embarqué dans une affaire sordide, et part à la poursuite d'un serial killer qui a choisi un jeu particulier pour ses victimes. Il kidnappe un couple, mais n'en tue qu'un sur deux...

Bon, soyons clairs : je n'ai pas vraiment apprécié ce polar, et décidément, plus les commentaires dithyrambiques affluent en couverture, plus c'est mauvais signe ! Pour rectifier, non "Thomas Harris et Harlan Coben" n'ont pas "un nouveau concurrent"... Ce serait vraiment exagérer le suspense ou la tension que l'auteur voudrait nous transmettre.

Et curieusement, alors que les très bons polars me déçoivent souvent sur la fin, j'ai eu ici un petit sursaut d'intérêt... de courte durée : un rebondissement inattendu ne peut pas sauver tout un roman.

Si vous pouvez vous en passer, n'ayez aucun remords : il y a trop de bons livres pour ça.

lundi 31 août 2009

Les exilés de la mémoire, Jordi Soler


Comme des centaines de milliers de républicains, Arcadi doit fuir l'Espagne lorsque Franco prend le pouvoir. Après dix-sept mois passés dans un camp surveillé par l'armée française à Argelès-sur-Mer, il réussit à gagner le Mexique.

Son petit-fils ethnologue s'intéresse à son histoire, et se surprend petit à petit à retracer le parcours d'Arcadi, entre la France, l'Espagne, et le Mexique. Il découvre que le passé de son grand-père n'est pas forcément le même que ce que raconte les souvenirs familiaux officiels...

Ce roman traite du destin des exilés qui ont rêvé pendant des décennies de la chute du régime, nés espagnols mais progressivement devenus mexicains, sans s'en rendre compte.

C'est un roman riche, plein de couleurs et de sensations, qui dépeint une facette du Mexique qu'on rencontre rarement dans les romans.

Mais c'est aussi un roman historique passionnant, qui évoque le sort malheureusement très peu connu des républicains exilés ; on y rencontre l'admirable personnage de l'ambassadeur mexicain en France, qui a tout fait pour sauver un maximum d'opposants au régime franquiste en les cachant dans des chambres d'hôtels de la France occupée, et en affrétant des bateaux pour les envoyer en Amérique latine, où ils seraient en sécurité.

Un livre incroyable... Ne vous laissez pas influencer par la couverture toute simple : ce pourrait bien être mon number one de l'année 2009 - à égalité avec l'Histoire de l'Amour ! (et pour l'instant...)

Pour en savoir un peu plus, lisez la très intéressante interview de l'auteur sur lelitteraire.com

mardi 25 août 2009

Le maître des illusions, Donna Tartt




Un livre terminé, quelques jours à passer à Paris sans internet, il n'en fallait pas plus pour que je termine chez Gibert, évidemment... Je pourrais faire semblant d'être raisonnable, mais là, imaginez-vous plus RIEN à lire pendant 3 jours !!!

Je devais y remédier... et le Maître des Illusions m'a fait de l'œil dès mon arrivée au rayon poches !

La quatrième de couverture qui décrit "un jeune boursier californien" qui "découvre un monde insoupçonné de luxe, d'arrogance intellectuelle et de sophistication, en même temps que l'alcool, la drogue et d'étranges pratiques sataniques". Ce serait à la fois sous-estimer et mal comprendre ce roman, qui est bien plus que ce que cette ouverture racoleuse. Disons plutôt qu'il s'agit en effet d'un jeune boursier californien, qui, en arrivant dans une université du Vermont, découvre un groupe très particulier d'étudiants. Le professeur de grec ancien n'accepte en effet qu'un nombre très réduit d'élèves, qui ne se mêlent jamais aux autres étudiants, ne vont jamais aux soirées et préfèrent passer leur temps libre entre eux.

Ils communiquent entre eux en grec, multiplient les citations d'auteurs antiques et ne s'intéressent pas vraiment au monde contemporain.

Sous ces airs de solidarité et d'amitié quasi-fraternelle se cachent la cruauté et l'égoïsme de ces jeunes, qui les amènent à commettre des actes terribles.


Ce roman est extrêmement précis dans ses descriptions de la psychologie des personnages. L'isolement de ce groupe d'étudiants est tel que les actes pervers qu'ils imaginent avec la plus grande froideur leur semblent presque aller de soi, comme s'il n'y avait pas d'autre solution. Je n'ai ressenti aucune pitié ou empathie pour la situation des personnages (je veux dire "après"...), ce qui m'a un peu gênée, mais peut-être était-ce normal ? Aucun n'est particulièrement attachant, sauf peut-être Camilla, mais là encore, c'est assez compréhensible puisqu'ils sont finalement des personnes plutôt désagréables...

Reste une ambiance incroyable, qu'on retrouve rarement ailleurs, malsaine et pesante, dans un roman qui prend son temps.

Ah, et un petit détail de traduction, très petit, mais qui m'a chiffonnée en fait... Quand on emmène le neveu du Bunny au McDonald's, on lui fait manger un Menu Bonheur... un MENU BONHEUR ???? Le livre a été traduit en 1994, donc je pense qu'on aurait vraiment pu dire "Happy Meal", tout le monde aurait compris... Bon, je suis sans doute un peu trop pointilleuse mais ça m'a agacée !

Quant à la description du campus américain, j'imagine qu'il est plutôt juste puisque l'auteur a elle-même fréquenté une université du Vermont. Pour l'anecdote, il est signalé dans le livre que Donna Tartt était à l'école avec Bret Easton Ellis, et qu'il l'a encouragée à poursuivre son manuscrit...

vendredi 21 août 2009

Millénium 3 - La reine dans le palais des courants d'air, Stieg Larsson


Troisième et dernier tome de Millénium - décidément, c'était l'été des séries pour moi !

Impossible de donner le moindre résumé, sous risque de transformer le billet en spoiler géant, même si je doute que quelqu'un n'ayant pas lu les deux premiers s'intéresse à ce post...
Point positif d'ailleurs : la quatrième de couverture recommande d'emblée de ne pas lire la suite si on veut garder le suspense autour de ce dernier tome. Pour une fois qu'on nous avertit ! (même si c'était assez évident étant donné la fin pleine d'interrogations de La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette)

Est-ce simplement le fruit du hasard ou les fins de séries sont-elles condamnées à me décevoir ? Car, comme avec Breaking Dawn, je suis partagée.

Il m'a fallu du temps pour rentrer dans l'histoire alors que c'était presque immédiat les deux premières fois : le début est long, très long, il se passe un temps fou avant qu'un peu d'action arrive, et ce n'est qu'aux alentours de la page 300 que je n'ai plus eu à me forcer pour continuer !

Mais certaines scènes en valaient la peine, notamment le procès et un mini-rebondissement inattendu à la fin. Toutefois, le but des personnages est principalement de faire éclater la vérité que nous connaissons déjà... pas donc de thriller haletant comme pour le numéro 2 où nous étions dans la même situation que Blomkvist, c'est-à-dire dans l'incertitude.

Je termine donc la trilogie avec un léger sentiment de déception...
Grominou a l'air d'être de partager mon avis, tandis que Maribel est un peu plus convaincue.

dimanche 16 août 2009

Breaking Dawn, Stephenie Meyer


Le quatrième et dernier tome... enfin !

On avait quitté Bella et Edward après leurs fiançailles, le début est donc assez gentillet, jusqu'à ce que QUELQUE CHOSE arrive. (oui, je ne veux pas non plus en dire trop au cas où les rares personnes ne l'ayant pas lu passent par ici...)

Heureusement que j'avais lu les trois autres tomes, que j'avais eu le temps de m'attacher aux personnages, parce que quand on y réfléchit deux minutes, on pourrait presque rire de l'intrigue tellement les événements sont improbables... Bon, en même temps, une histoire de vampires ça n'est pas tellement fait pour coller à la réalité. Mais quand même...

Et pour tout dire, j'ai été un peu déçue : des passages intéressants sont écourtés, et d'autres sont un peu longuets, on attend l'action, on attend, on attend... J'ai bien cru que Meyer nous faisait un remake du Désert des Tartares !

Pour résumer, mon favori sera le number three !