lundi 3 mai 2010

Tu m'envoies un mail ? , Emmanuelle Friedmann


Après des jobs intellectuellement épanouissants dans le journalisme ou l'édition, mais pas forcément très stables, la narratrice est embauchée comme responsable de la communication dans l'Entreprise. Un CDI, le rêve : enfin de quoi pouvoir se payer son premier appartement !

Mais pas facile de s'adapter à ce nouvel environnement : il faut d'abord maîtriser le novlang de l'Entreprise, un français mâtiné d'hypocrisie, de mauvaise foi et de sarcasme. L'essentiel : parvenir à ne rien faire tout en persuadant un maximum de gens qu'on est indispensable, si possible en terrorisant quelques subalternes au passage.

Pour être franche, ce n'est pas le réalisme qui prime dans ce roman ! Les personnages et les situations ne sont pas complètement faux, seulement tout est trop exagéré pour être vraiment crédible. Je ne peux pas nier que certains personnages du livre m'ont rappelé quelques moments de ma courte vie professionnelle, mais parfois, trop c'est trop ! Et je suis certaine qu'il existe des bosses aussi tordues et agressives que Catherine Parmentier dans la vraie vie... Ce que je reproche en fait à l'auteure, c'est d'avoir assimilé la situation de la narratrice (qui accumule quand même les cons dans son entourage) au travail en entreprise de manière générale, qui peut quand même être super différent (heureusement !).

Par certains moments, l'auteure a probablement voulu dénoncer, ou au moins se moquer d'un univers un peu kafkaïen, mais j'ai trouvé la démarche un peu ratée, car trop légère et trop naïve : quoi ??? il y a des gens qui ne font rien mais qui veulent se faire bien voir du patron quand même ? Ça alors...

Pour ajouter une petite note positive, ce roman n'est vraiment pas désagréable à découvrir, et je l'ai lu très vite. C'est juste qu'il manque beaucoup de choses pour en faire un roman vraiment bon, tant au niveau du style, assez simpliste, qu'en ce qui concerne l'intrigue, très pauvre. Loin d'être un coup de coeur pour moi, malheureusement ! Je remercie tout de même Livraddict et les éditions Michel Lafon pour cette découverte !

5 commentaires:

Lili "Isleene" a dit…

c'est marrant cette manie de produire des livres sur la vie en entreprise. Le titre semblait alléchant mais si tu n'as pas aimé je ne me laisserais pas tenter.

cocola a dit…

@Lili Isleene : j'aurais aimé pouvoir défendre un peu plus le livre, mais là, non, vraiment pas malheureusement...

Anonyme a dit…

J'ai également travaillé avec Emmanuelle
Dans le livre je suis la pétasse
Et je peux vous garantir que tout est romancé pour faire passer Emmanuelle pour la victime alors que dans les faits elle s'est révélée nulle.
C'est le directeur général lui-même qui a négocié son départ à savoir : 2 belles formations et des sous.
Elle ne parle ni de ces complots, ni de son incompétence, ni même de ses relations "rapprochées" avec la femme du directeur.
Dans ce livre, elle "flingue" ceux qui ont vu sa vraie face.
Autre chose : ce livre a été "co-rédigé" par une ex-déléguée du personnel et validé par le directeur général lui-même.
A bon entendeur...

Jean-Luc a dit…

Bonjour,
Je n'ai jamais travaillé avec Emmanuelle, mais je suis actuellement dans la boite dont elle parle.
Je ne la connais donc pas, et n'ai donc aucun avis sur son cas personnel.
Pourtant j'y ai bien reconnu mes contemporains et leurs travers...
Cette douce critique pourrait amener à améliorer quelques comportements.
Ta tentative de discréditer l’auteur sur tous les blogs ou le livre apparait ne change pas grand-chose au fond du sujet à la réalité, légèrement augmentée, de la plupart des personnages...
Si je la connaissais, je lui fournirai de quoi alimenter le tome 2, voir le 3.
En tout cas, elle devrait permettre de s'interroger sur eux même les Joël, Laurence et autre Valérie... Et pourquoi pas l’autre Emmanuelle ?
Oups !? Aurais-je fait une gaffe ?

cocola a dit…

@Anonyme et Jean-Luc : vos deux commentaires me font me poser pas mal de questions... Dois-je censurer ? En vérité, la seule chose qui m'importait dans ce billet était de parler de ce "roman" qui n'en est pas vraiment un, d'un point de vue de lectrice. Finalement, ce qui est vrai ou moins vrai m'importe moins...